Tchami, Malaa, ces Français qu’on ne voit que là-bas…

18 avril 2023 à 12h53 par Christophe HUBERT

Tchami
Tchami
Crédit : @instagram.com/tchami

Tchami, Malaa, ces Français qu’on ne voit que là-bas…

Une donnée, immuable sur la scène musicale tricolore, on n’est jamais prophète en son pays ! Comprenez, il est parfois difficile de se faire une place dans le cœur des Français et assez facile de conquérir celui de publics étrangers. L’histoire de l’électro regorge d’exemples, à commencer par la vague French TouchDaft Punk en tête – qui avaient commencé par marquer les oreilles des Anglais, au fer rouge, avant de déferler en France.

Autre exemple, David Guetta, dont il est parfois de bon ton de critiquer la musique dans l’Hexagone, alors que de fait, le DJ reste un maestro, son single « I’m Good » frôlant encore le milliard de streams sur Spotify.

Loin de yeux donc, c’est le choix que semblent avoir fait bon nombre d’artistes français, tels Malaa et Tchami, rarissimes dans les clubs tricolores (ou perçus comme tels) mais qui connaissent un succès retentissant partout dans le monde. Faut voir, pour s’en convaincre, le show événement de Tchami – le prêtre de l’électro – dans une église presbytérienne aux Etats-Unis. Un concert dont Chicago parle encore et qui montre à nouveau les qualités du bonhomme : des sets dantesques, une qualité musicale qui fait l'unanimité et qu’on aurait tort de banaliser et un 6e sens pour se démarquer des autres.

 

 
 
 
 
 
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Malaa aussi a marqué les esprits, il y a quelques jours, lors de sa prestation à Coachella. Le français cagoulé a vu les choses en grand, réinventant Mad Max sur scène, débarquant en dragster. Lui aussi est un malin, lui aussi est très bon aux platines et – même si c’est forcément subjectif – livre régulièrement des shows excellents, distillant parfois une house qu’on ne reniera pas !

 

 

Une sorte de cannibalisme artistique

Tchami, Malaa, héros d’une scène française dont on ne parle pas suffisamment alors qu’ils contribuent, à l’instar de David Guetta ou de DJ Snake, au rayonnement artistique de notre pays. Deux artistes qui ont compris qu’en France, il n’y a parfois que des coups à prendre, de la part d’un underground éternellement arrogant.
Et au-delà de lui (parlons de nous), faudra un jour se poser sérieusement la question de savoir pourquoi, nous français, avons tendance à rejeter les artistes qui ont le malheur de connaitre un succès mondial ! Une sorte de cannibalisme artistique qui nous pousserait à dévorer nos petits. Qu'on aime ou pas leur musique, leurs sets, leurs personnages, peu importe, nous devrions collectivement nous réjouir que ces têtes de pont musicales ouvrent les voies pour que l'électro, sous toutes ses formes, puisse atteindre un large public. Des avant-postes qui élargissent le champs des possibles pour d'autres sonorités, d'autres propositions musicales. Tchami, Malaa, Snake, Guetta, même combat : Vive la France !

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