Myspace revient... reste à savoir comment !
Publié : 17 août 2026 à 16h05 par Christophe HUBERT
Myspace renait en 2026 : pour commencer la musique autrement ?
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Myspace est de retour
Myspace serait de retour. Oui, Myspace, le réseau social des profils customisés au HTML douteux, aux couleurs immondes et aux photos prises avec une webcam à 2 mégapixels !
Sauf qu’en 2026, l’annonce ne ressemble pas uniquement à une madeleine de Proust numérique. Les propriétaires actuels de Myspace, Chris et Tim Vanderhook, ont confirmé leur volonté de relancer la plateforme, sans encore dévoiler précisément à quoi ressemblera cette nouvelle version. Ils évoquent simplement l’idée de recommencer, autrement dit : Myspace revient, mais Myspace ne sait pas encore exactement comment. Et, pour une fois, ce flou est enthousiasmant.
Car le plus intéressant dans cette résurrection n’est peut-être pas de savoir si nous retrouverons les profils bariolés, les musiques d’accueil ou autres, c’est de se demander ce que Myspace pourrait apporter au paysage musical de 2026. Et là, franchement, il y a matière à réflexion.
À l’époque, Myspace était avant tout un endroit où l’on allait voir les gens. Pas simplement un tuyau dans lequel on faisait défiler des contenus. La nuance paraît minuscule, elle est en réalité énorme.
Les plateformes actuelles nous ont habitués à l’inverse : on ouvre une application et une machine décide de ce que nous allons regarder. Une vidéo, puis une autre, puis une autre. Un contenu parfaitement calibré pour nous maintenir quelques secondes supplémentaires dans l’application.
Myspace prenait ou pourrait prendre le chemin opposé : moins de « voilà ce que tu devrais aimer » et davantage de « voilà ce que mes amis, les artistes que je suis et les gens dont je partage les goûts aiment ». Le premier est efficace. Le second peut devenir une histoire qui se raconte.
De l’auditeur au fan. Et du fan au superfan.
C’est probablement là que Myspace pourrait avoir une carte à jouer. La musique est devenue extrêmement accessible. Un catalogue gigantesque dans la poche, des millions de titres, des playlists à l’infini, des recommandations personnalisées, des radios automatiques… Sur le papier, c’est le paradis.
Mais l’abondance a aussi un drôle d’effet secondaire : quand tout est disponible, tout peut finir par sembler un peu interchangeable.
Myspace pourrait du coup, remettre en avant une logique de communauté musicale. Je suis dans son cercle de fans. Je discute avec d’autres personnes qui ont la même obsession. Je partage un live. Un Beatport en moins spé, un Soundcloud en plus ergonomique. Le public serait alors acteur de la circulation de la musique. Et dans un paysage électronique où les communautés, les scènes locales, les collectifs, les labels indépendants et les micro-genres jouent un rôle considérable, ce modèle pourrait être particulièrement pertinent.
L’ancien Myspace avait déjà cette intuition. Le site avait permis à des artistes de présenter leur musique, de se faire découvrir et de construire une relation directe avec leurs publics – on pense bien sûr à Martin Garrix qui n’existerait peut-être pas aujourd’hui sans Myspace.
Il faut tout de même reconnaître une qualité aux algorithmes des plateformes : ils sont sacrément efficaces. Le problème, c’est peut-être qu’ils le sont un peu trop. On peut aimer la techno de Detroit et se prendre soudainement de passion pour une vieille chanson de variété italienne. En somme, on sait adorer quelque chose qui ne ressemble à rien de ce que l’algorithme avait prévu. Une algo qui cherche la continuité. Le fan, lui, peut préférer la surprise.
Voilà de quoi nourrir la réflexion des patrons de Myspace dont la relance pourrait arriver au moment où une partie du public semble chercher autre chose que la course permanente aux chiffres, remettre de la valeur dans la relation plutôt que dans le volume.
Une page d’artiste pourrait devenir un espace de vie : morceaux, mixes, photos, dates, recommandations, archives, messages, contenus exclusifs, échanges avec les fans… Le tout, avec une DA visuelle de 2026, on est d’accord !
Revenir pour devenir un millième Instagram n’aurait pas de sens, il faudra prendre le contre-pied. Myspace pourrait être d’emblée ringard. Et ce serait très bien.
Une réponse moderne à un problème tout aussi moderne : dans un monde où tout est disponible, comment retrouver le goût de choisir ? Le plaisir de la vraie surprise ? Comment refaire confiance aux conseils musicaux d’un vrai humain, écouter son expertise, partager son savoir ?
Bref, Myspace a un boulevard.
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