En fait non, après 40 ans, la fête est loin d’être finie !

Publié : 6h00 par Christophe HUBERT

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En fait non, après 40 ans, la fête est loin d’être finie !

Hier, on tentait de lancer le sujet sur la fête après 40, 45 ou 50 ans. Je vous donnais mes impressions et vous avez laissé vos commentaires sur Facebook, nombreux ! La plupart dans une volonté d’échanger, de dialoguer – c’était le but. Donc merci !

Cela dit, il aura suffi de quelques heures et de centaines de message pour que mon idée – difficile de trouver où faire la fête après un certain âge – se fasse piétiner sur un dancefloor imaginaire et je m'incline ! Car non seulement la fête après 40, 45 ou 50 ans existe encore, mais elle se porte, à vous lire, à merveille !

La première chose qui frappe dans vos messages, c’est la continuité. Pour beaucoup, faire la fête n’est pas une lubie tardive, mais un fil rouge.

« 52 ans, je sors en club depuis l’âge de mes 17 ans. »
— Yann Gourlay

« Je suis tombé dedans en 1988 et je suis toujours là. »
— Axel Marmain

Ces témoignages rappellent une évidence souvent oubliée : la musique électronique vieillit avec son public. Ceux qui ont connu les raves, les warehouses, les flyers photocopiés – comme moi – n’ont pas que souvenirs du passé, ils continuent à tracer le chemin, et j’oserais dire un imaginaire collectif autour de l’idée que la fête rime avec liberté, émancipation, partage. Autant de valeurs qui n’ont pas d’âge.

 

Des quinquas en club, en festival… et derrière les platines

Contrairement au cliché du quadragénaire casanier, les commentaires que vous avez laissé sur Facebook, dessinent un tout autre paysage : Ibiza, Rotterdam, Miami, Belgique, Berlin, clubs, after, festivals, vous êtes l’image des musiques électroniques : global !

« 57 ans cette année : 3 UMF Miami en 5 ans, Ibiza régulièrement, Amnesia tout l’été. Quand on veut, on peut. »
— JC Azm

« 61 ans, tous les week-ends en club, derrière les platines, à faire danser les plus jeunes comme les anciens. »
— Patrick Konec

« 46 ans, plus je vieillis plus je sors tard. Parfois plus de 24h non-stop. Techno forever. »
— Kina Kina

Ici, l’âge n’est pas un frein. Il devient presque un badge d’expérience. Certains sont DJs, organisateurs, programmateurs. D’autres simplement danseurs infatigables. Tous partagent le même constat : la fête ne leur a jamais dit d’arrêter !

Beaucoup le répètent : le problème n’est pas l’âge, mais le lieu – c’est en partie ce que je soulignais dans l’article d’hier. Bien sûr il y a les concerts, les festivals réputés plus adultes, mais les clubs, c’est parfois plus compliqué. Pour nombre d’entre vous d’ailleurs, les discothèques généralistes, formatés, saturés de playlists urbaines ou TikTok, ne font plus rêver. Mais ailleurs, ça danse encore très bien.

« À Lyon, beaucoup de soirées 16h–minuit. Franchement top. »
— Vincent Desb

« En Belgique, soirées rétro house quasi toutes les semaines, moyenne d’âge 45 ans, ambiance au top. »
— Azil De Flous

« À Ibiza, la question ne se pose pas. »
— Stéphane Sharp

Le message est clair : sélectionner ses soirées, c’est la clé. Programmation, public, intention. Quand on va quelque part pour la musique, l’âge devient secondaire, voire invisible.

Et comme je pouvais m’y attendre. Tout cela est aussi très personnel. Les freins sont aussi ceux qu’on se met soi-même :

« Le frein vient des anciens eux-mêmes. Les jeunes sont ravis de voir des vieux qui s’éclatent. »
— Chris Neant, 65 ans

« Si on a un complexe, autant ne pas sortir. Le clubbing, c’est la vie. »
— Eric Seti

La peur du regard, le mythe du « je ne suis plus à ma place », semble souvent plus forte que la réalité du terrain. Car sur place, les générations se croisent, se respectent et parfois se mélangent mieux qu’on ne l’imagine, vous en témoignez.

Ce qui change, en revanche, et ce qui semble faire consensus, c’est la façon de faire la fête. Moins de quantité, plus de qualité. Moins d’obligation, plus de choix.

« Après 35 ans, quand on sort, on sort vraiment pour faire la fête. »
— Eddy André Stenegre

 

Verdict : la fête n’a pas d’âge, elle a une culture !

Au fil des centaines de commentaires, une conclusion s’impose : la fête après 40, 50 ou même 60 ans n’est pas une exception — c’est une réalité massive.

« J’ai 55 balais, être clubber c’est un état d’esprit. »
— Jean-Michel Mercier

« La musique électronique, c’est notre génération... donc c'est pour nous ! »
— Stéphanie Bouteiller

Finalement, le débat n’oppose pas jeunes et vieux, mais consommation contre passion. Ceux qui vivent la fête comme un décor, et ceux qui la vivent comme une culture.

Et à en croire votre témoignages, les plus endurants sur le dancefloor ne sont pas toujours ceux qu’on croit 😉 Merci d’avoir joué le jeu !


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