Que ferons-nous face à un hit produit par IA ?
Publié : 13h08 par Christophe HUBERT
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Edito : Que ferons-nous face à un hit produit par IA ?
Dans un monde où les algorithmes décident déjà de votre playlist, imaginez un hit électro qui surgit de nulle part. C’est l’histoire totalement fictive de « Trust Me », signé par le mystérieux duo Lies – un morceau qui a conquis la planète sans que personne ne sache vraiment qui se cache derrière.
Tout commence dans les recoins obscurs du web, fin 2025. Un minuscule label, sûrement doté d’un budget équivalent à un café latte, uploade un single sur les plateformes de streaming. Pas d’annonce, juste un titre : « Trust Me » par Lies. Le morceau ? Une melodic house hypnotique, musique de fusion au carrefour du hip-hop, du rock et de la UK garage ; bref, une sorte de partouze inattendue ! Ça décolle : quelques milliers d’écoutes sur Spotify, boostées par des algorithmes qui, ironiquement, adorent ce genre de trucs générés par… d’autres algorithmes, puis une trend TikTok. Massive. Mondiale.
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Partout, le titre est partagé : « C’est addictif, un mélange entre un hit des Daft Punk et un nouveau son complètement fou ! » – et boom. En une semaine, « Trust Me » grimpe dans les charts mondiaux, les radios l’ajoutent en rotation lourde, les clubs le passent en boucle. Lies devient un phénomène sans égal, sauf que… personne ne sait qui c’est. Pas de bio sur le label, pas de photo de profil, juste un logo qui ressemble à un circuit imprimé en train de fondre. Une info vient d’être confirmée : c’est produit par l’IA.
De quoi déclencher une pluie acide. Le magazine Tsugi publie un article titré : « Lies : le duo fantôme qui nous ment ? », rapidement suivi par DJ Mag. Les médias traditionnels, comme la BBC ou Le Monde, s’interrogent sur l’authenticité : « Où est l’âme humaine dans cette musique parfaite ? » Et le public ? Divisé, bien sûr. Sur Reddit et X, une partie crie au génie – « Enfin de la musique pure, sans interférence ni ego d’artiste ! » – tandis que l’autre hurle à la manipulation : « C’est flippant, on danse sur du vent, manipulés par les algos. » Des théories du complot émergent : Lies serait une opé marketing d’une big tech pour tester notre dépendance aux IA. Bref, la machine s’emballe et renforce le buzz.
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« Trust Me » est le fruit d’une IA auto-apprenante, nourrie de millions de tracks électro, aspirés sans l’accord de leurs auteurs et sans rémunération. Une IA qui va même créer le plan promo. Pas de clips avec des humains, non. À la place, des avatars envahissent les réseaux. Lies est ce qu’on veut qu’il soit, changeant d’apparence et de voix à chaque abonné. Des hologrammes apparaissent sur Snapchat. Des chatbots répondent aux interviews. Et l’idée de génie ? Des remixes générés en temps réel par l’IA, basés sur l’état d’esprit des fans via leurs données biométriques. C’est dystopique mais nouveau : imaginez votre version perso de « Trust Me » qui s’adapte à votre rythme cardiaque pendant votre session de sport ou votre soirée entre amis. Les ventes explosent, Lies domine les charts, et l’engouement est total. En un mois à peine.
Et puis, le climax : les Grammy Awards 2027, à Los Angeles. « Trust Me » est nommé dans la catégorie « Meilleur single électro » et, contre toute attente, gagne. Des voix générées par IA remercient l’Académie et annoncent une grande tournée mondiale 100 % humaine.
Sauf que… la tournée démarre, des stades pleins à craquer. Mais sur scène ? Des hologrammes ultra-réalistes de Lies. Pas un humain en vue, sauf le public, bien sûr. Le duo est en fait une projection interactive, qui répond aux cris de la foule en temps réel. C’est brillant, terrifiant, et un peu humiliant. Les médias explosent : « Lies nous a menti sur son mensonge ! » Mais les billets se vendent comme des petits pains.
Au milieu de la tournée mondiale, quelque chose craque. Lors d’un show à Paris, sous la tour Eiffel, un groupe de révoltés commence à scander : « We want real ! Human After All ! » Normal, au pays du duo casqué… et volontiers révolutionnaire ! Au début, c’est mignon, une petite rébellion. Mais, comme un virus, ça se propage. Sur les réseaux, #HumanAfterAll explose. Le public se réveille d’un coup. Des manifestations se multiplient, des musiciens et des DJs improvisent dans la rue des concerts ou des DJ sets « certifiés humains ». L’engouement mondial pour Lies se transforme en backlash.
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Une fausse happy end ? Trop naïve ? Sûrement, il fallait bien conclure cet édito fictif ! Ce n’était d’ailleurs pas un article sur Lies, mais sur les défis lancés à la musique et à la culture comme l'a rappelé le - vrai titre cette fois - "Walk My Walk", signé Breaking Rust. L’IA, ce génie dans la lampe, peut créer des hits parfaits, démocratiser la création et ouvrir des mondes sonores inexplorés – l’utile, quoi. Et inévitablement, un hit électro IA finira par voir le jour. Mais elle flirte aussi avec le dangereux : l’effacement des artistes humains, la manipulation des émotions, et ce risque de tout uniformiser en une bouillie algorithmique, sans âme. L’IA est comme Aladdin : brossez la lampe, il apparaît. À nous de formuler les bons vœux.
Et surtout, à nous de rester vigilants : dans un monde où « Trust Me » peut signifier tout et son contraire - notre passion pour le nouveau, l'immersif, le technologique mais aussi notre envie d'horizontalité, de collectif, de vrai), c’est à nous, humains imparfaits, de garder le rythme, centrés sur notre humanité, notre rapport aux autres. Et laisser l’IA à distance pour éviter que ce soit elle, qui finisse au centre.
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