Musique et IA, les plateformes passent à l’offensive
Publié : 13h01 par Jean-Baptiste Blandin
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Ce n’est pas une nouveauté, l’IA s’est introduite dans l’industrie musicale à une vitesse folle. À titre d’exemple, Deezer annonçait en février dernier qu’environ 60 000 titres générés par IA étaient déposés chaque jour sur la plateforme, soit près de 40 % du catalogue global. Aujourd’hui, ils seraient près de 90 000 à être déposés chaque jour, soit plus de 50 % du catalogue. Un phénomène qui donne une idée de la déferlante qui touche aujourd’hui toutes les plateformes de streaming.
Mais face à ce raz-de-marée, l’industrie ne baisse pas les bras, bien au contraire. La plateforme française a d’ailleurs lancé un outil permettant de reconnaître les titres générés par IA.
Spotify, longtemps considérée comme plutôt ouverte à l’IA, a elle aussi décidé de durcir le ton. Le géant suédois a récemment annoncé que les « artistes IA », autrement dit ces faux comptes créés uniquement pour diffuser des morceaux, seraient désormais écartés de ses recommandations.
Même réaction du côté de Beatport, référence mondiale de la musique électronique, où DJs et producteurs viennent acheter et télécharger des titres. Le service vient d’annoncer qu’il bannirait à son tour les morceaux entièrement générés par IA.
Pour les acteurs du secteur, l’enjeu est multiple : préserver la qualité des catalogues, restaurer la confiance des utilisateurs et surtout éviter de rémunérer des artistes qui n’existent pas réellement.
Et cette bataille dépasse désormais largement les services de streaming. En Australie, les autorités viennent d’annoncer que les morceaux entièrement générés par IA seraient exclus du classement musical national. Une décision qui vise notamment à préserver « la nature humaine de l’expression artistique ». À l’origine de cette initiative : le succès surprise d’une reprise de Like a Prayer de Madonna, entièrement générée par IA, qui s’est hissée cet été dans le top des charts australiens.
Reste maintenant à savoir jusqu’où ira cette bataille. Car si l’IA est déjà capable de produire de la musique à grande échelle, l’industrie cherche encore la bonne façon de faire cohabiter technologie et création humaine.
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