Marché de la musique en France : on entre dans le brouillard !

Publié : 12h45 par Christophe HUBERT

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Marché de la musique en France : on entre dans le brouillard !

Le marché musical en France, en forme de lasagnes, pour l’année 2025 ! Métaphore risquée, mais vous allez comprendre : en première couche, un marché dynamique, en progression ; une couche en dessous, une stagnation se profile, laissant penser que l’âge d’or touche à sa fin. En dessous, des inquiétudes, des défis. Bref, tout n’est pas rose malgré le milliard d’euros de chiffre d’affaires de la musique enregistrée largement dépassé, puisqu’en 2025, le marché s’établit à 1,07 milliard d’euros.

Faut dire que jamais nous n’avons écouté autant de musique ! En 2024, les Français écoutaient en moyenne 18 h 48 de musique par semaine, soit l’équivalent de plus de 40 jours par an !

C’est le bilan publié ce mercredi par le SNEP (syndicat national de l'édition phonographique) qui nous le dit, rappelant qu’entre 2015 et 2025, le marché musical a connu une décennie de croissance. Cependant, le même rapport souligne un tournant : 2025 a connu la progression la plus faible depuis 10 ans.

Le streaming domine toujours largement…

En cause, le streaming, qui reste de loin le pilier du marché. En 2024, il générait 664 millions d’euros, soit l’essentiel des revenus de la musique enregistrée. Il totalisait également 138 milliards d’écoutes annuelles pour 27 millions d’utilisateurs, dont 80 % via des abonnements payants. En 2025, cette domination se confirme : les abonnements payants représentent 63 % du chiffre d’affaires, mais le streaming s’essouffle.

Ce ralentissement ne signifie pas un déclin — au contraire, les usages continuent de croître fortement. Au premier semestre 2025, 60 milliards d’écoutes payantes ont été enregistrées, soit une hausse très significative en volume.Le paradoxe est donc clair : la consommation explose, mais la monétisation progresse moins vite.

Des usages qui évoluent

Le rapport du SNEP met également en lumière une transformation des pratiques. Le streaming vidéo, notamment, recule sur certains segments (–6,8 % pour la vidéo financée par la publicité). Pourquoi ? Parce que le public que nous sommes préfère désormais les formats courts, fragmentés, notamment sur les réseaux sociaux.

Autre tendance forte : le marché physique, longtemps considéré comme condamné est en train de prendre sa revanche ! Au premier semestre 2025, les ventes physiques progressent de +4,4 % ; le vinyle affiche une croissance de +9,4 %.

Dans un marché fort, mais qui anticipe un atterrissage plus ou moins doux, plus ou moins forcé, il faudra faire face à des défis qui supposent pourtant des investissements pour les acteurs de la musique (maisons de disques, labels…) : l’essor de l’intelligence artificielle, qui va concurrencer les œuvres humaines et possiblement capter une partie des revenus de la musique, et la nécessité de se réinventer, de créer de nouveaux produits musicaux pour soutenir l’écosystème. La musique française ouvre une nouvelle parenthèse. Espérons qu’elle sera prospère.


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