Musique : toujours plus de titres… que personne n’écoute !
Publié : 15 janvier 2026 à 12h40 par Christophe HUBERT
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Musique : toujours plus de titres… que personne n’écoute !
C’est un rapport annuel qui fait référence, tant il dissèque les chiffres mondiaux de l’industrie musicale. Luminate dresse ainsi un constat et met en lumière les problématiques auxquelles sont confrontés les artistes, les labels, les producteurs et l’ensemble des professionnels du secteur.
Prêts à plonger dans le marché musical mondial — et, par conséquent, dans votre propre consommation de musique ? On y va !
Tout d’abord, le rapport 2025 de Luminate révèle une explosion sans précédent du volume de musique disponible en streaming. Fin 2025, 253 millions de titres musicaux étaient accessibles sur les plateformes. Un chiffre vertigineux, qui marque le franchissement d’un cap historique : plus d’un quart de milliard de morceaux disponibles instantanément. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, cela représente 37,9 millions de titres supplémentaires en un an, soit une moyenne de 106 000 nouveaux morceaux mis en ligne chaque jour, en hausse de 7 % par rapport à 2024.
Une croissance qui, à première vue, pourrait être interprétée comme un signe de vitalité, de créativité et comme l’opportunité, pour toutes et tous, de découvrir sans cesse de nouveaux sons. Mais les chiffres détaillés racontent une histoire bien différente.
Une majorité de titres quasiment jamais écoutés
Derrière l’abondance se cache une réalité beaucoup plus sombre : l’immense majorité de la musique disponible n’est pratiquement pas consommée.
Les données de Luminate montrent que :
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120,5 millions de titres, soit près de la moitié du catalogue mondial, ont enregistré moins de dix écoutes sur l’ensemble de l’année 2025 ;
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73 % des morceaux ont cumulé moins de 100 écoutes annuelles ;
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et 88 % d’entre eux n’ont pas dépassé le seuil des 1 000 streams par an.
Autrement dit, près de neuf titres sur dix n’ont aucune existence économique réelle dans l’écosystème du streaming. La promesse fondatrice du numérique — celle d’un accès élargi et équitable à la musique — semble aujourd’hui se heurter à ses propres excès, à une expansion sans fin et, surtout… sans intérêt réel pour l’auditeur.
Une croissance ultra concentrée
Pire encore, cette explosion du nombre de titres disponibles ne se traduit pas par une répartition équitable de l’écoute. Bien au contraire. Selon Luminate :
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0,2 % des titres disponibles — environ 541 000 morceaux — ont concentré 49,4 % de l’ensemble des streams mondiaux en 2025 ;
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les titres situés dans la tranche 1 à 10 millions d’écoutes annuelles ont généré à eux seuls 1,35 trillion de streams.
Ces chiffres confirment une tendance de fond : le streaming n’est ni un marché accessible ni un terrain facile pour les jeunes talents ou les artistes intermédiaires, mais un système ultra-concentré, où l'argent généré par les droits d'auteur est captée par une infime minorité de titres et d’artistes.
Il est d’ailleurs intéressant de noter que les grandes maisons de disques (Universal, Warner, Sony) ne représentent que 3,8 % des titres mis en ligne l’année dernière, l’écrasante majorité des morceaux provenant de labels indépendants voire de particuliers.
Nouvelle crise en approche ?
Un constat morose donc, d’autant plus préoccupant que c’est en grande partie l’intelligence artificielle qui explique cette prolifération de musique — et nous ne sommes probablement qu’au tout début du phénomène. L’année 2026 pourrait ainsi voir arriver une véritable avalanche de nouveaux morceaux.
Dès lors, le débat sur la répartition des revenus générés par les plateformes de streaming va inévitablement s’intensifier, autour d’une question centrale :
peut-on rémunérer équitablement des centaines de millions de titres lorsque l'écoute du public reste massivement concentrée sur une minorité d’entre eux ?
Bloqué dans une croissance sans fin et une abondance de titres devenue délirante, le marché de la musique traverse une nouvelle zone de turbulences. Car 253 millions de titres disponibles, cela interroge autant la rémunération des artistes et des labels que cela banalise la musique dans sa dimension culturelle. Or, la musique sans oeuvres, c'est déjà plus de la musique.
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