Les raves parties encore prises pour cibles

Publié : 12h44 par Christophe HUBERT

Image d'illustration
Image d'illustration
Crédit : @générée par IA

Les raves parties encore prises pour cibles

Certains d’entre nous pensent naïvement que la pauvreté ou le changement climatique figurent parmi les principales questions à résoudre en France. Mais, à voir l’appétit législatif des députés et sénateurs actuellement, on se demande si le problème numéro 1 du pays n’est pas les rave parties !

Alors qu’un texte a été adopté il y a quelques jours à l’Assemblée nationale, renforçant considérablement la répression contre les fêtes libres, c’est cette fois le Sénat qui y va de son coup de matraque. Le Sénat a présenté hier 28 recommandations issues d’un rapport transpartisan, espérant « mettre fin au sentiment d’impunité », face aux « fléaux » des rodéos motorisés et des rave parties.

« L’arsenal juridique dont disposent les pouvoirs publics pour lutter contre ces deux fléaux est aujourd’hui insuffisamment adapté aux réalités de terrain », a pointé l’une des corapporteures de cette mission parlementaire, la sénatrice LR Lauriane Josende. « Il faut mettre fin au sentiment d’impunité trop souvent répandu chez les fauteurs de troubles », a-t-elle ajouté.

Sur les rodéos motorisés, on passera rapidement : les sénateurs proposent notamment de porter à 3 ans la peine d’emprisonnement.

Sur les rave parties (ou free parties), le rapport envisage l’abaissement à 250 participants du seuil au-dessus duquel une déclaration en préfecture est requise (contre 500 actuellement). L’organisation de ces fêtes illégales au-delà de ce seuil de 250 personnes serait délictualisée, avec une circonstance aggravante lorsque le rassemblement « est à l’origine de dommages importants pour les personnes ».

Pour les participants à ces free parties illégales, les sénateurs privilégient une contravention de cinquième classe et non la création d’un nouveau délit, contrairement à la proposition gouvernementale.

Car oui, en plus du texte de l’Assemblée nationale, en plus des propositions du Sénat, le projet de loi du gouvernement Ripost (que les députés examineront à partir du 18 mai prochain) compte lui aussi s’en prendre aux raves. On vous le disait, c’est devenu LE problème de la classe politique. Probablement parce que taper sur les raves donne le sentiment d’agir à peu de frais et que les organisateurs de ces fêtes trouveront peu de soutiens massifs.

Probablement parce que la méfiance, voire la défiance, des politiques envers la jeunesse est une récurrence française. Mater plutôt que dialoguer.

 


visuel application FG