Ils ont créé Ibiza…
Publié : 12h57 par Christophe HUBERT
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Gemini_Generated_Image_jou18hjou18hjou11770033008691.png)
Ils ont créé la fête à Ibiza…
Pas plus que Rome, Ibiza ne s’est faite en un jour. Même si l’impression demeure que les clubs ont surgi en quelques mois, changeant radicalement le visage et l’avenir de l’île des Baléares. Il aura fallu des années pour que la fête s'y pose, s'y renouvelle. Et autant le dire tout de suite, la photo qui illustre cet article nous met dans le faux. Les hippies sont arrivés, ont planté les graines de la fête... mais c'est à une époque plus moderne que les clubs ont vu le jour.
D’où vient donc Ibiza ? Pour le savoir, il faut remonter loin dans le temps et revenir sur celles et ceux qui ont créé l’île de toutes les fêtes.
Dans les années 1960 et 1970, Ibiza n’est encore qu’une île peu peuplée, riche d’histoires et de traditions locales, mais elle commence à attirer des voyageurs bohèmes, des hippies en quête de liberté, en fuite de la guerre, ainsi qu’une communauté artistique à la recherche d’un ailleurs. L’énergie libre et métissée de ces années-là — entre plages, fêtes informelles et échanges culturels — pose les premières bases d’une culture nocturne et festive nouvelle. Une utopie fondée sur la jouissance et l’hédonisme.
C’est dans ce contexte qu’en 1973, les frères Urgell ouvrent Pacha Ibiza, premier grand club de l’île. Conçu comme une maison ouverte à la fête, Pacha devient très vite un carrefour musical — disco, funk, pop — et un aimant pour des DJs itinérants.
Peu après, Es Paradís s’installe en 1975 avec sa fameuse structure en pyramide ; et l’Amnesia, convertie en discothèque en 1976, offre une plateforme inédite. C’est en effet à l’Amnesia qu’émerge le son qui va transformer Ibiza et — bientôt — l’Europe. Avec Alfredo Fiorito, DJ argentin expatrié, la musique se veut éclectique, mélangeant house, disco, funk, soul ou pop avec une énergie qui invite au lâcher-prise. Ce Balearic sound devient une légende et attire des DJs britanniques comme Paul Oakenfold ou Danny Rampling.
Les années 1980 et 1990 marquent ensuite l'émergence puis l'explosion du concept moderne de clubbing à Ibiza. Petite frise historique :
- Ku Club (futur Privilege) gagne en popularité à partir de 1979 grâce à ses soirées en plein air.
- En 1986, une salle encore un peu brute ouvre ses portes à Platja d’en Bossa : Space Ibiza, qui devient rapidement un temple de l’after hours, permettant aux clubbers de danser jusqu’au lever du soleil — et au-delà.
- En 1989, Space Ibiza est encore une curiosité près de l’aéroport, mais lorsque l’homme d’affaires Pepe Rosello en prend les rênes, le club trouve enfin sa véritable identité. C’est dans ce contexte que Carl Cox, connu pour son énergie sans compromis et ses sets marathon, devient l’un des piliers de Space. À partir de 2001, il y installe sa résidence Music Is Revolution, devenue mythique. Cette résidence durera près de quinze saisons, jusqu’en 2016.
- En 1994 sont créées les soirées Manumission, fêtes emblématiques de liberté débridée.
- Petit saut dans le temps : alors qu’Ibiza poursuit sa métamorphose, un lieu discret mais crucial surgit en 1999 : DC-10 — une ancienne ferme transformée en club techno et house. L’arrivée des promoteurs italiens Antonio Carbonaro et Andrea Pelino marque le lancement de Circoloco, une soirée du lundi matin devenue un rituel underground, fidèle aux racines électroniques brutes et aux sets prolongés.
- Eden petit paradis au sein du paradis ouvre ses portes en 1999, et aura une vie agitée avec épisodes parfois rocambolesques et une multitude de changements de nom.
Le Français Yann Pissenem, l’homme qui a modernisé Ibiza
Si Space et DC-10 ont donné à Ibiza sa profondeur culturelle et musicale, c’est un entrepreneur français qui transforme l’île à la fin des années 2000 : Yann Pissenem.
Né à Nancy, il arrive à Ibiza après avoir organisé des raves en France et en Belgique. En 2001, il fonde The Night League, une entreprise dédiée à la conception d’expériences nocturnes et diurnes révolutionnaires.
En 2008, Pissenem transforme un modeste chiringuito en Ushuaïa Ibiza Beach Club, à Playa d’en Bossa ! En misant sur des fêtes en journée à la production spectaculaire — pool parties, DJs internationaux — Ushuaïa devient une icône mondiale, mêlant clubbing et hôtellerie, capable d’accueillir des milliers de danseurs.
Après la fermeture de Space, Pissenem transforme son espace en Hï Ibiza (2017), un lieu ultra-moderne qui devient à plusieurs reprises Meilleur club du monde selon DJ Mag, rivalisant avec les géants historiques.
Puis, en 2025, il lance [UNVRS] (« Universe »), pensé comme le premier hyperclub mondial : vaste, immersif, technologiquement avancé, conçu comme une fusion entre club, spectacle et expérience sensorielle globale.
Ibiza doit donc à ces figures — et à bien d’autres, notamment les artistes — d’avoir créé un lieu unique au monde. Concentration de clubs, déluge de fêtes : Ibiza a profondément changé, mais de nombreux endroits restent fidèles à la club culture originelle, celle qui défend la liberté, l’égalité sur le dancefloor, l’inclusivité… et une forme d’underground musical.
De la découverte du Balearic sound par des DJs hippies aux hyperclubs futuristes de Yann Pissenem ; des afters légendaires de Space Ibiza aux soirées underground de DC-10, l’île ne cesse de naviguer entre ces deux eaux : une fête généreuse et collective, et une foi dans l’avenir, portée par une modernisation incessante de la nuit.
La saison 2026 ouvrira fin avril prochain, 53 ans après l’ouverture du premier club.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/radiofg/images/logo_J1uBFLTl35.png)
/t:r(unknown)/fit-in/500x281/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/ChatGPT_Image_20_janv__2026__12_28_461768908714082.png)
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/visu_appli1733411693306.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/daft_punk_21770041067683.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Gemini_Generated_Image_j1d5jhj1d5jhj1d51770037807711.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/legrandmix_1769070559_3815562857400934745_2238580141770028565820.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Gemini_Generated_Image_2l28lq2l28lq2l281770028097703.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/David_Guetta___Laura_Gilli__2_1770027899406.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Capture_d__cran_2026_02_02_0749501770018420548.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/qui_se_tiendra1769706509548.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/brunch_21769790188980.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/iboat1769785690613.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/fakear_21769708163241.png)