Future Quiet : Moby de retour, face au bruit du monde

Publié : 13h33 par Christophe HUBERT

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Future Quiet : Moby de retour, face au bruit du monde

« We Are All Made of Stars » - nous sommes tous faits d'étoiles – chantait Moby en 2002 avec un titre solaire, empli d’espoir, dans une Amérique traumatisée par les attentats du 11 septembre. Autre époque, même exercice de câlinothérapie pour l’artiste New Yorkais et son album « Future Quiet » qu’il vient de sortir.

Un appel au calme, voire au silence, pour combattre le bruit du monde – et celui que vise particulièrement Moby : le bruit de Donald Trump. Une Amérique apaisée, au cœur de ce nouvel album, c’est donc finalement ce qui pourrait le plus s’entendre voire faire œuvre de provocation !

Vegan, démocrate, écolo, New Yorkais, Moby incarne probablement tout ce que rejette la base Maga du président américain. Et il le sait. Et il en joue ! Plus que d’opposer des hurlements aux hurlements, l’artiste électro propose de ralentir, de respirer et d’écouter. Paru le 20 février dernier, « Future Quiet » est le 23ᵉ album studio de l’artiste américain, construit comme une vaste odyssée contemplative vers la paix intérieure.

Un album qui explore des paysages ambient et minimalistes, où le piano, les nappes de synthé et les silences deviennent de véritables personnages à rencontrer. Des titres comme Le Vide, Great Absence ou encore Ruhe (qui signifie « calme » en allemand) disent tout de l’intention de Moby : donner un espace d’évasion à l’auditeur, loin du vacarme du monde. Pas une fuite, une alternative.

À l’ouverture, « When It’s Cold I’d Like to Die » propose une version réinterprétée avec Jacob Lusk, repeignant d’une teinte émotionnelle nouvelle, ce classique de 1995 - qui a gagné une seconde vie grâce à Stranger Things. Un titre d’une grande beauté.

Un refuge pour échapper à la panique

« J’aime le spectaculaire » dit Moby. J’aime l’excès et le volume. Mais à mesure que le monde devient plus bruyant et plus chaotique, je ressens de plus en plus le besoin de me réfugier dans le silence, à la fois comme auditeur et comme musicien".

Il n’en fallait pas plus pour que « Future Quiet » soit perçu comme un refuge face à la panique causée par Donald Trump, une façon d’inscrire cet album dans une réaction aux tensions politiques et sociales qui travaillent l’Amérique et le monde. Et si la musique de Moby a souvent flatté les clubs, cette fois‑ci elle se fait antidote, presque thérapie : un lieu d’apaisement où l’on peut se retirer. Un défi et une prise de risque énorme, tant notre quotidien est fait d’injonction à la vitesse, au scroll de nos émotions.

Moby n’est pas seulement un musicien qui change de style : c’est un engagé. Au fil de sa carrière, il a exprimé ses opinions sur l’environnement, les droits des animaux et les enjeux politiques contemporains. Même si « Future Quiet » s’éloigne des slogans et des chants de révolte, la démarche n’en reste pas moins militante : chercher le silence dans l’hyper‑médiatisation, inviter à la réflexion plutôt qu’à l’indignation rapide, et proposer une création qui remet l’écoute et la pensée au centre. Moby a vieilli certes et le militant s’est calmé. C’est aussi que le monde a changé.

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