FG CHIC : JOHN GALLIANO, ACTE III 

Publié : 27 mars 2026 à 10h40 par Gwenael BILLAUD

FG CHIC : JOHN GALLIANO, ACTE III 

Photographed by Szilveszter Makó John Galliano
Photographed by Szilveszter Makó John Galliano
Crédit : Photographed by Szilveszter Makó John Galliano

FG CHIC : JOHN GALLIANO, ACTE III 

Il y a des retours qui ne relèvent pas du comeback, mais de la métamorphose. 

John Galliano revient — non pas là où on l’attend, mais là où personne ne l’imaginait vraiment : chez Zara. Le géant espagnol s’offre l’un des esprits les plus singuliers de la mode contemporaine pour un partenariat créatif de deux ans. Une collaboration pensée non comme une capsule, mais comme un laboratoire. 

Une mission presque manifeste : réécrire les archives. Car il ne s’agit pas ici de revisiter, encore moins de reproduire. “Réécrire”, insiste Galliano. 

Un mot choisi, presque revendiqué, qui suggère un geste libre, instinctif, presque littéraire. Tout commence par une rencontre avec Marta Ortega Pérez, présidente d’Inditex. Une connexion nourrie par la MOP Foundation, où mode et photographie dialoguent avec exigence. 

Steven Meisel, Irving Penn… Autant de références qui dessinent un terrain d’entente : celui d’une culture visuelle élevée. Depuis sa prise de fonction, Marta Ortega Pérez a multiplié les dialogues entre luxe et grande diffusion. 

Mais avec Galliano, le projet change d’échelle. Plus long, plus profond, plus expérimental. 

“Ce n’est ni une revisite, ni une reprise”, précise-t-il. “C’est un processus vivant.” Une approche qui résonne avec son propre moment de vie. 

Après son départ de Maison Margiela,  marqué par un défilé Artisanal 2024 aussi magistral que viral, Galliano s’est retiré. Marches en forêt. Musées. Silence. Se perdre pour mieux retrouver l’instinct. Respirer, enfin. Aujourd’hui, c’est dans un atelier discret, aux abords de Paris, que tout recommence. 

Des toiles en cours. Des silhouettes en devenir. Une recherche autour de la forme, des proportions, du mouvement. 

Rien de figé. Rien de catégorique. Une mode qui s’affranchit des saisons autant que des genres. En janvier, sa présence au premier rang du défilé haute couture de Jonathan Anderson pour Dior n’est pas passée inaperçue. Un hommage discret, presque intime. “John a toujours été un héros pour moi.” La transmission est là.  Invisible, mais essentielle. Et pourtant, c’est ailleurs que Galliano écrit désormais son nouveau chapitre. Chez Zara, là où la mode touche le monde.  La première collection est attendue en septembre. 

Une échéance qui promet plus qu’un lancement : une rencontre. Car derrière cette collaboration, une idée persiste.Et si la véritable modernité consistait à rendre l’extraordinaire accessible ? “Le troisième acte d’une vie est le plus important”, confie Galliano. Un sourire en coin. Peut-être aussi le plus libre. 

 

crédit photo Photographed by Szilveszter Makó

https://www.instagram.com/jgalliano/

 


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