Quand la fête s’arrête : la santé mentale des DJs
Publié : 12h36 par Christophe HUBERT
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/ChatGPT_Image_11_mars_2026__12_34_411773228917511.png)
Quand la fête s’arrête : la santé mentale des DJs
L’électro, pour beaucoup, c’est un DJ exalté, surexcité et, en face, un public tout aussi enjoué. Bref, c’est la fête, c’est positif. Mais dans la vraie vie, DJ est un métier exigeant, voire difficile.
C’est le duo néerlandais W&W qui nous le rappelle aujourd’hui. Ou plutôt, exactement, une moitié du binôme, Willem van Hanegem, qui a annoncé qu’il suspendait temporairement ses tournées pour se concentrer sur sa santé mentale, évoquant une fatigue accumulée après des années de concerts et de pression professionnelle. Son pote Ward van der Harst continuera pour l’instant d’assurer les dates prévues seul, le temps que Willem se repose et se rétablisse.
Dans une scène électro où les artistes enchaînent parfois plusieurs continents en quelques semaines, la décision est forte car risquée. Elle révèle aussi une réalité dont on parle encore peu dans le milieu : la santé mentale des DJs.
Un malaise longtemps invisible
Fêtes et glamour ne laissent que peu de place à la confession. Encore moins de place pour des prises de parole d’artistes sur leurs difficultés, leurs faiblesses. Pourtant, les études et enquêtes se multiplient depuis quelques années et racontent une autre histoire.
Selon une enquête menée auprès de plus de 2 000 musiciens, 71 % disent avoir déjà vécu des épisodes d’anxiété ou de panique, et près de 69 % affirment avoir souffert de dépression au cours de leur carrière.
Affinons et focalisons sur l’électro. Une autre étude que l’on peut citer, intitulée « Performers of the Night » (2023), établit que 30 % des artistes de musiques électroniques souffrent de symptômes de dépression et d’anxiété. Pour bien comprendre, dans la population générale, 10 à 12 % disent souffrir de ces mêmes symptômes.
Le paradoxe est saisissant. La musique est souvent considérée comme bénéfique pour la santé mentale, mais les artistes eux-mêmes semblent particulièrement vulnérables.
Un métier à 100 à l’heure
Derrière les belles images et le sourire professionnel, la carrière d’un DJ international ressemble souvent à un marathon. La vie en tournée implique des nuits de travail quasi permanentes, des déplacements intercontinentaux fréquents et des périodes de repos irrégulières.
Plusieurs chercheurs ont montré que les troubles du sommeil et le stress chronique sont parmi les facteurs de risque les plus importants pour les artistes en tournée, notamment pour la dépression et l’épuisement professionnel.
La pression de la performance joue également un rôle majeur. Contrairement à d’autres musiciens qui jouent au sein d’un groupe ou d’un orchestre, le DJ se retrouve souvent seul face à des milliers de personnes, responsable de maintenir l’énergie de la foule pendant toute la durée du set.
À cela s’ajoutent l’isolement et une transformation récente du métier : la centralité des réseaux sociaux. Pour de nombreux artistes émergents, la visibilité en ligne est devenue presque aussi importante que la musique elle-même. La pression à maintenir une présence constante sur les plateformes peut provoquer anxiété, épuisement et même l’abandon de la carrière pour certains DJs.
Un tabou qui commence à se fissurer
La pause annoncée par W&W s’inscrit donc dans un mouvement plus large : de plus en plus d’artistes parlent ouvertement de santé, de charge mentale. C'est timide et le cas Avicii avait laisser l'espoir d'une plus grande liberté pour les artistes.
Ces prises de parole contribuent à lever un tabou dans une industrie où la vulnérabilité reste difficile à assumer. Au passage, W&W assume dire que, même au sommet, la priorité doit redevenir la santé et que, si la vie de DJ est un marathon permanent, savoir s’arrêter devient parfois une question de survie.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/radiofg/images/logo_J1uBFLTl35.png)
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/visu_appli1733411693306.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/myspace1773225929136.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/8dcadf1b_9fbc_4f61_8fd3_e67de09e97ae1773225863980.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/radios1773138691924.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/chloecaillet1773225750528.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/cyrilwiz1773215546767.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/bakermatPlaying_With_Fire1773212108905.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/free_21773158781875.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/aaaaaaa1773149108677.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/ChatGPT_Image_10_mars_2026__12_16_001773141385233.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/oliverheldensRUN1773125679210.jpg)