Ministry of Sound de Londres : début d’une nouvelle ère

Publié : 5 janvier 2026 à 12h12 par Christophe HUBERT

Photo d'illustration
Photo d'illustration
Crédit : générée par IA

Ministry of Sound : début d’une nouvelle ère

S’il fallait établir une liste des meilleurs clubs anglais, nul doute que le Ministry of Sound de Londres y occuperait une place de choix ! Historique, iconique, le lieu symbolise la house et la techno triomphantes. Il aura vu passer les meilleurs DJs de la planète et, pour faire simple, il est l’alter ego britannique du Rex Club parisien.

Notre curiosité a donc vite été piquée lorsque le compte Instagram du club a soudainement été vidé de tous ses posts, laissant place à une page presque totalement vide — à l’exception d’une seule vidéo énigmatique accompagnée du message Regenesis begins. 30.01.26.” (« La Régénèse commence ») : un teaser cryptique qui laisse évidemment place aux spéculations, certains y voyant le signe d’un reset complet de la stratégie digitale, d’autres l’annonce d’une nouvelle ère pour le club londonien.

Cela dit, la vidéo en elle-même laisse davantage penser à une fermeture du club pour travaux, le Ministry étant un peu « dans son jus » depuis des années, contrastant avec la vague technologique qui a profondément transformé les clubs de la planète. Pour Ministry of Sound, qui célèbrera en 2026 son 35ᵉ anniversaire, ce reset digital pourrait bien annoncer — au-delà d’un simple coup de peinture — une reconfiguration du club, à la fois artistique et expérientielle, histoire de le projeter dans le futur, après avoir tant apporté à la scène britannique.

Retour aux origines : d’un garage à l’icône mondiale

Lorsque Ministry of Sound ouvre ses portes en septembre 1991 au 103 Gaunt Street, personne ne se doute encore qu’il deviendra une institution culturelle. Le club est né de l’ambition du DJ Justin Berkmann qui, inspiré par les clubs new-yorkais comme le Paradise Garage, souhaite créer à Londres un espace où le son serait roi — une salle dédiée à la house music, pensée avant tout pour l’expérience audio.

Installé dans un ancien garage à bus délabré du sud de Londres, le club investit lourdement dans un système sonore exceptionnel, avec des enceintes et une acoustique conçues pour offrir une puissance et une qualité de son sans précédent à l’époque. L’ouverture attire d’emblée des DJs internationaux de premier plan — des pionniers de la house et du garage venus de New York, Chicago ou Newark — et positionne Ministry of Sound comme le premier grand club européen dédié à la dance music.

Au fil des années, Ministry of Sound ne se contente pas d’être un club : il devient le lieu de référence du clubbing londonien, influençant à la fois la culture électronique locale et internationale. Sa programmation a vu passer les plus grands noms de la scène (de Paul Oakenfold à Pete Tong), et il a servi de tremplin à des talents émergents tout en conservant une place de choix pour les artistes underground et avant-gardistes. Outre ses nuits emblématiques, le club a su diversifier ses activités : label de musique, événements à l’international et produits dérivés ont contribué à faire du Ministry une marque globale.

À l’aube de 2026, l’institution célèbre donc plus de trois décennies d’histoire et s’engage dans une nouvelle phase de transformation, symbolisée par le mystérieux « Regenesis ». Un mystère qui, visiblement, sera levé le 30 janvier prochain.

visuel application FG