M83 sort son nouvel album

Publié : 12h40 par Christophe HUBERT

M83 dévoile "I Wrote You A Letter", un album intime qui invite à la déconnexion musicale.

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M83 sort son nouvel album

Surprenant, le nouvel album d’M83 ! Anthony Gonzalez a passé 25 ans à construire une musique qui donne envie de regarder l’horizon au ralenti, de courir dans une ville la nuit ou, au minimum, de vivre sa vie comme si elle était filmée par Sofia Coppola. Et aujourd’hui, que fait-il ? Il ralentit encore !

Avec « I Wrote You A Letter », son dixième album, M83 semble même été conçu une petite opération de déconnexion : moins de bruit, moins de promotion, moins d’exposition et davantage de musique. Une lettre, donc. Pas un post Instagram. Pas un TikTok de 17 secondes !

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M83 n’a visiblement pas beaucoup de goût pour la nouvelle règle du jeu musical : pour exister, il faudrait désormais être partout. Poster. Teaser. Se filmer. Montrer les coulisses. Montrer le studio. Montrer son petit-déjeuner dans le studio. Puis expliquer le morceau que l’on vient de teaser dans le studio. Le producteur français prend le problème à rebours. Avec ce nouvel album, il revendique plutôt le droit de faire de la musique sans avoir à constamment montrer sa vie autour. Et ça tombe plutôt bien : M83 est précisément le genre de qui n’a jamais eu besoin de beaucoup d’explications. Quelques nappes de synthé, une guitare qui décolle et, hop, vous voilà à regarder les étoiles. I Wrote You A Letter prolonge cette philosophie.

Le disque s’ouvre avec « Blister Sunrise », qui pourrait presque nous faire croire que nous allons écouter un album de rock indé particulièrement musclé. Guitares amples, matière sonore épaisse. Puis arrive « Opera » et tout change. Les textures électroniques reprennent leurs droits, les morceaux s’étirent, les atmosphères apparaissent puis disparaissent. M83 retrouve cette façon très particulière de fabriquer des paysages avec trois synthés, une guitare et probablement une légère tendance à regarder par la fenêtre. Derrière les grandes envolées, il y a quelque chose de plus intime : la nostalgie de la chambre d’adolescent, des interrogations sur l’avenir, de cette époque où l’on pouvait passer une soirée entière à écouter un album en regardant le plafond.

Mais Anthony Gonzalez ne semble pas particulièrement intéressé par l’idée de refaire Midnight City une deuxième fois, et c’est tant mieux, un hit est aussi une prison.

Après avoir passé vingt-cinq ans à fabriquer des musiques suffisamment grandes pour remplir des stades, Anthony Gonzalez redécouvre le plaisir de faire une musique suffisamment intime pour tenir dans une lettre.
A l’ancienne. A l’instinct. Bien vu !

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