Le streaming face au tsunami de l’IA

Publié : 13h40 par Christophe HUBERT

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Crédit : @générée par IA

Le streaming face au tsunami de l’IA

Si vous avez passé la trentaine, vous vous souvenez sûrement d’une période où il fallait sortir en magasin pour s’acheter vinyles ou CDs. Un temps où on les alignait dans notre chambre, une poignée ou quelques dizaines. La musique était rareté.

Désormais l’abondance est reine. Le choix, gigantesque. Encore que non, en 2026, on ne doit plus parler de choix mais de déluge ! Il y aurait 100 millions de titres disponibles à l’écoute sur Spotify. Plus de 150.000 morceaux sont ajoutées, chaque jour, sur les plateformes !

75 000 morceaux par jour : chronique d’une submersion annoncée

Dans cet océan, beaucoup d’IA désormais. La plateforme française Deezer affirme recevoir près de 75.000 titres entièrement générés par IA chaque jour, soit 44 % de tous les nouveaux uploads.

Et la vague grossit vite. 10.000 titres/jour début 2025. 60.000 en janvier 2026. 75.000 aujourd’hui. À ce rythme, l’IA ne “participe” plus à la musique : elle la produit à la chaîne, façon usine invisible. De quoi inquiéter ? Pas tout à fait.

L’IA omniprésente… mais quasi inaudible

Car l’avantage de ce flot continu, c’est qu’il n’atteint pas grand monde. Selon Deezer, ces morceaux créés par l’intelligence artificielle ne représentent que 1 à 3 % des écoutes totales. Encore mieux (ou pire) jusqu’à 85 % de ces écoutes seraient frauduleuses, souvent générées par des bots. Et ce qui va ravir les vrais artistes : une grande partie de ces titres est démonétisée ou exclue des recommandations.

Donc oui, l’IA produit massivement… mais les humains n’écoutent pas forcément. Cela dit, le cœur du problème n’est pas artistique, il est économique.

Le streaming repose sur un principe simple, les revenus sont partagés en fonction des écoutes. Or, si des millions de morceaux IA viennent gonfler le catalogue, ils peuvent diluer les revenus des artistes humains, être utilisés pour générer des écoutes artificielles, capter des royalties via des réseaux automatisés. Une sorte de fraude industrielle et c’est pour cela que les plateformes s’activent pour détecter les morceaux et les rejeter, les corneriser.

Le streaming avait déjà transformé la musique en abondance. L’IA la transforme en surabondance infinie. Jusqu’où ira-t-on avec ce système un peu fou ?


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