La nouvelle ministre de la Culture est-elle pro-électro ?

23 mai 2022 à 12h16 par Christophe HUBERT

Rue de Valois
Rue de Valois
Crédit: @Michael Canitrot - Monumental Tour

La nouvelle ministre de la Culture est-elle pro-électro ?

En dehors de toutes opinions politiques, il y a fort à parier que la scène électro française ne regrettera pas trop Roselyne Bachelot. Peu intéressée par ces musiques, durant son passage rue de Valois, elle a également laissé les clubs et discothèques se débrouiller seuls, lors de la crise Covid, face au ministre des PME (ce qui revenait à faire de ces lieux, des entreprises classiques et non pas des lieux à vocation culturelle).

Autant dire que la nomination de la nouvelle ministre, en l’occurrence Rima Abdul Malak, était attendue. Faut-il y voir une bonne nouvelle ?

Une nouvelle ministre qui connait la musique... et la vie nocturne !


Difficile de répondre dans l’immédiat – on jugera le travail de la Ministre sur pièces – mais son parcours laisse entendre que Rima Abdul Malak pourrait devenir une alliée pour une meilleure reconnaissance des musiques électroniques et de ses acteurs.

D’abord, elle a fait ses débuts au sein de l’Institut Français où elle a géré la branche… musiques actuelles (et donc l’électro) !

Ensuite, elle est devenue conseillère de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. C’est d’ailleurs elle qui a lancé les Etat Généraux de la Nuit en 2010 (et donc noué le dialogue avec les lieux festifs, notamment les clubs) à la suite de la pétition "Quand la nuit meurt en silence". Enfin, Rima Abdul Malak était jusqu’à sa nomination, à l’Elysée, à conseiller le Président Macron sur les questions de culture et de communication.

La nouvelle ministre arrive donc rue de Valois avec une réelle connaissance et de la scène électronique et des lieux festifs où se produisent les DJs (du moins, à Paris). A l’inverse, des premières critiques ciblent son profil un peu trop technocratique et trop « politique ».

Certains disent que c’est en réalité Emmanuel Macron et l’Elysée qui géraient la Culture, en lieu et place de Roselyne Bachelot. Que Rima Abdul Malak finisse rue de Valois semble donc logique et laisse à croire qu’elle aura plus de marges de manœuvre politique pour faire avancer l’agenda culturel, que sa prédécesseuse. Mauvais côté, cela peut signifier aussi une continuité en forme de statu quo. Mais cela, c’est déjà de la spéculation.

Reste une certitude, dans l’immédiat : le programme culturel d’Emmanuel Macron. Son 2e mandat devrait couronner la suppression de la redevance audiovisuelle et élargir le pass culturel. Pour le reste… peu de promesses.

Autrement dit, il faudra sûrement que la scène électro se manifeste auprès de Rima Abdul Malak pour lui transmettre ses projets, ses besoins (de reconnaissance).