Une tribune qui fait du bruit dans le monde de la nuit.

Publié : 18h39 par Jean-Baptiste Blandin

Free Party
Free Party
Crédit : Image générée par IA

À quelques jours de l’examen d’une proposition de loi sur les free parties, prévue le 9 avril à l’Assemblée nationale, la scène électronique se mobilise.

Dans les colonnes de Libération, un collectif d’artistes, de DJ et de professionnels appelle les députés à s’opposer au texte, dans une tribune coécrite par Frédéric Hocquard et Éric Labbé.

Au cœur des critiques : la proposition de loi 1133, portée par la députée Lætitia Saint-Paul et plusieurs groupes de la majorité, qui vise à durcir les sanctions. Le projet prévoit jusqu’à six mois de prison et 5 000 euros d’amende pour les organisateurs, mais aussi des sanctions pour les participants. Il est d’ailleurs important de rajouter que l’Italie de la première ministre d’extrême droite Meloni a fait voter un texte quasi identique à la PPL 1133.

Surtout, la définition d’“organisateur” serait élargie, incluant toute personne impliquée de près ou de loin dans la mise en place d’une fête. Pour le milieu des free parties, c’est une “porte ouverte à toutes les dérives”.

Parmi les signataires, des figures majeures comme Laurent Garnier, Chloé, Manu le Malin ou Pedro Winter, mais aussi Antoine Baduel, patron de Radio FG. Tous dénoncent une vision réductrice de ces événements, souvent associés aux nuisances, mais rarement reconnus pour leur dimension culturelle. 

Extrait de la tribune : "Nous nous levons à l’unisson pour défendre l’existence des fêtes libres, gratuites et anonymes qui sont l’essence même de cette musique. Elles sont un des lieux de liberté, de générosité et d’inclusivité qui sont le socle de la techno depuis sa naissance et un des espaces dans lequel naissent les artistes de demain, les labels de demain, les techniciens de demain, le public de demain." Car oui, pour rappel, les musiques électroniques ont été façonné par le mouvement des rave party, ce même mouvement dont se revendiquent les Daft Punk.

Depuis plus de trente ans, les free parties incarnent pour beaucoup un espace de liberté et d’expérimentation artistique, en marge des circuits traditionnels. Et malgré la répression, le mouvement continue de résister, alors pourquoi continuer à s'acharner ? Après tout, on n’arrête pas un peuple qui danse.

 

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