Que sont les clubs gay devenus ?!
Publié : 21 janvier 2026 à 13h31 par Christophe HUBERT
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Quand on évoque les clubs gay d’hier et d'avant-hier, des images et souvenirs surgissent : des soirées de liberté(s), protégées, où se croisaient le cadre dynamique et le prolo déterminé, le fan de musique et le dragueur acharné, et toutes les pièces de Légo, vouées à s'emboîter ! Des soirées où s’inventaient de larges pans des musiques électroniques. Longtemps, David Guetta, par exemple, joua au Palace, aux Bains et au Queen, haut lieux de la fête gay. Enfin, des soirées où les communautés LGBT pouvaient s’affirmer et créer leurs propres univers, repères, en matière de musique, de littérature, de danse, de happenings, de pop culture, etc. Ces lieux étaient donc des refuges, des chambres d’écho pour des vies invisibilisées.
Mais que sont-ils devenus aujourd’hui, à l’heure où les droits progressent, où l’intégration s’élargit et où la nouvelle génération se cherche d’autres espaces collectifs pour raconter d'autres récits ?
C’était mieux avant ?
À l’aube des années 2000, des clubs comme Pulse à Orlando, The Stonewall Inn à New York incarnaient parfaitement l’âme des clubs gay. Des espaces, avant tout, de tolérance, de prévention et de communauté, qui occupaient pour beaucoup une place centrale dans la vie culturelle, et même dans la vie amoureuse et sexuelle. En somme, on sortait pour vivre, et le club gay de la ville était un QG, une évidence. À Paris et ailleurs, des clubs emblématiques servaient de points de ralliement générationnels, où l’on pouvait être soi-même, sans compromis. Le Queen Club a longtemps porté ce drapeau, qui plus est sur les Champs-Élysées. Il fermera en 2018.
C’est mieux maintenant ?
À bien des égards, nous ne sommes plus dans les années 90-2000, et c’est tant mieux ! Les discriminations ont reculé, et les droits LGBT ont progressé. Du coup, les clubs structurés autour d’une identité exclusivement “gay” peinent à survivre, à se trouver une « utilité » dans un paysage nocturne où les pratiques sociales ont changé : les rencontres se font sur des applications, les identités se vivent différemment, et les scènes culturelles se diluent dans des espaces plus larges.
Un marqueur fort de cette transformation est la fermeture récente du SchwuZ à Berlin, l’un des plus anciens clubs queer d’Europe, contraint de baisser le rideau en 2025 après presque cinq décennies d’histoire, tout un symbole.
À Paris, la scène gay et queer se réinvente. Elle ne s’est pas totalement effondrée : elle s’est diversifiée, complexifiée, enrichie, en mélangeant clubbing, performance, drag, voguing et cabaret. L’âme gay des clubs tourne désormais autour des cultures alternatives, particulièrement innovantes.
Un exemple de cette métamorphose est l’événement Kiddy Smile & Friends, qui a transformé, en novembre dernier, la Grande Halle de La Villette en véritable temple de la culture ballroom. Pendant deux jours, entre voguing, waacking, lip-sync, drag et DJ sets, artistes et danseurs venus d’Europe se sont affrontés et célébrés sur le catwalk, promouvant la diversité, l’expression queer et l’énergie collective.
Kiddy Smile lui-même — DJ, danseur, producteur et figure incontournable du voguing en France — illustre cette scène en fusion : il mêle musique house et techno à la culture ballroom, en portant une esthétique queer engagée qui dépasse les seuls cercles de la nuit. Le corps et le cœur sortent des clubs gay d’antan pour frapper au grand jour. Menton relevé.
Ballroom, drag et voguing pour se sentir vivant(e)s !
Faut dire que la scène queer ne se limite plus aux clubs depuis longtemps. A Paris, des espaces comme La Bouche, un cabaret queer autogéré, mêlent chants, poésie, lip-sync et performances artistiques qui questionnent à la fois la culture pop et les récits LGBT+ avec humour et radicalité.
Dans les bars et clubs du Marais (ou ce qu’il en reste), on trouve régulièrement shows drag, soirées thématiques et rendez-vous queer alternatifs, alimentant une vie nocturne toujours créative, même si moins centrée autour d’une seule adresse mythique.
Paris voit aussi émerger des soirées qui mêlent clubbing et scènes musicales alternatives, embrassant des spots pas identifiés comme gay mais très inclusifs, comme La Station – Gare des Mines, La Flèche d’Or, ou des soirées Bitch Party, coexistant avec des événements techno plus underground, souvent queer-friendly et portés par des collectifs divers. Ce paysage reflète une réalité plus large : les lieux ne sont plus forcément nommés “club gay”, mais sont queer-friendly, fluides, intersectionnels, parfois partagés avec d’autres communautés, tout en restant des points d’ancrage pour des identités multiples. Et ce n'est pas exhaustif, il y a partout sur le territoire, des collectifs engagés, des performers motivé(e)s et des orgas de soirées qui distillent ces cultures alternatives avec gourmandise !
Que sont donc devenus les clubs gay ? Ils ont fermé, pour beaucoup. Mais l’expression de liberté et de créativité qu'on y trouvait perdure aujourd’hui, sous d’autres formes. Leurs rôles protecteurs et émancipateurs ne sont pas morts : ils ont simplement irrigué l’ensemble de la club culture et trouver d'autres espaces de vies.
La créativité des clubs gay est toujours affirmée et puissante, et le succès de l’émission Drag Race auprès d’un public large — y compris hétérosexuel — rappelle que les alliés sont désormais partout, et que la club culture gay avait donc vocation à s’ouvrir au monde. Ce qui frappe, c'est qu'elle le fait avec tant d'énergie et sans renier ses identités.
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