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Streaming : la bataille pour la rémunération des artistes

28 janvier 2021 à 11h56 Par Christophe HUBERT
Crédit photo : @Karolina_Grabowska / Pexels

Nous vous en parlions, il y a quelques semaines, les plateformes de streaming type Spotify et Deezer sont régulièrement pointées du doigt pour une – supposée - mauvaise et trop faible rémunération des artistes.

Supposée, car ces plateformes ne sont pas forcément responsables de tout. En l’occurrence, il existe un mode de rémunération calculé en accord avec les grandes maisons de disques, baptisé « data centric » et que l’on peut résumer ainsi : on prend tout l’argent généré par les abonnements et on le répartit ensuite sur les artistes, selon divers critères comme le nombre de clics, leur notoriété, etc…
Dis autrement, vous pouvez consacrer votre abonnement à écouter Disclosure ou Purple Disco Machine, il y a de grandes chances que votre argent aille remplumer les poches d’Aya Nakamura, de Jul ou d’Ariana Grande, des artistes écoutés en boucle par le public jeune !

Un système qui fait qu’aujourd’hui,
90% des artistes reçoivent moins de 1 000 euros par an, même si leurs titres sont « streamés » jusqu’à 100.000 fois.

Et c’est bien ce mode de calcul qui est actuellement en renégociation, sous l’impulsion de tout nouveau Centre national de la musique (CNM). L’une des pistes contenues dans l’étude du CNM publiée mercredi 27 janvier, est de passer au modèle « user centric » autrement dit, de rémunérer les artistes en fonction des écoutes réelles de l’utilisateur : "l’abonnement est distribué uniquement aux ayants droit des titres qu’il écoute."

La nouvelle répartition vise à avantager les artistes issus de scènes plus confidentielles, émergentes,
au détriment, par exemple, des rappeurs les plus écoutés.

Pas sûr toutefois que tout le monde s’y retrouve car l’étude du CNM décrit un mécanisme qui pourrait favoriser une redistribution significative entre esthétiques aux audiences importantes, au détriment du rap et du hip hop… et en faveur du rock et de la pop !

Pour dire vite, pour le moment, aucune méthode ne peut satisfaire les grosses majors et les petits labels, les stars de la chanson et les jeunes talents ou les compositeurs de musiques classiques. C’est pourquoi le Centre national de la musique appelle à lancer une grande consultation des professionnels de la musique, et très important également, à faire preuve de transparence car la rémunération des artistes reste souvent opaque, nourrissant ainsi les critiques contre les plateformes de streaming.

Retrouvez ici l’étude commandée par le Centre national de la musique