Faut-il payer les artistes comme des fonctionnaires ?
Publié : 6h30 par Christophe HUBERT
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Faut-il payer les artistes, les DJs comme des fonctionnaires ?
Si on veut sauvegarder la culture, protéger les artistes des défis qui menacent la création, doit-on les rémunérer directement ? Va-t-on en faire des fonctionnaires de la création ?
A l’heure du « c’est Nicolas qui paye » et autres « on croule sous les impôts », poser la question sera forcément clivant. Mais l’intention n’est pas de choquer, juste d’interroger.
L’Irlande et la Belgique eux, viennent d’inventer un filet de sécurité pour les créateurs.
Leur constat ? Le métier d’artiste est marqué par une grande précarité : revenus aléatoires, périodes d’inactivité forcée, travail de création non rémunéré, nouveaux défis liés au streaming, à l’intelligence artificielle… Beaucoup vivent de petits gigs, de ventes sporadiques ou de droits d’auteur qui ne couvrent pas les besoins essentiels. Ce constat n’est pas nouveau, mais il s’est amplifié ces dernières années, surtout avec la pandémie de Covid qui a lourdement frappé les secteurs culturels. D’où des idées nouvelles qui émergent…
L’Irlande tout d’abord, propose une mesure originale : un dispositif appelé Basic Income for the Arts. Le principe c’est un revenu de base, 325€ par semaine, 1300 par mois, versés aux artistes sans conditions de ressources, afin de soutenir leurs pratiques créatives. Ne paniquez pas, cette idée n’est pas totalement déconnectée ou versée à tout citoyen se sentant subitement une âme d’artiste, elle est limitée à 2000 artistes, tirés au sort chaque année ! Cela dit, ça marche tellement bien que le nombre d’élus devrait être revu à la hausse.
Un rapport commandé par l’État irlandais souligne en effet que chaque euro investi a généré 1,39 € de bénéfices sociaux et économiques, notamment grâce à l’augmentation de la production artistique et à une amélioration du bien-être des bénéficiaires. Ce type de mesure déplace la perception qu’on peut avoir de l’artiste. Il n’est plus un non-sens économique ou le fantasme du créateur maudit qui coûterait à la société, tel un poids mort. En Irlande, il est désormais perçu comme un acteur culturel à part entière, dont le travail — même difficilement quantifiable — a un réel impact sur la société.
En Belgique, c’est autre chose, la réforme du chômage de 2022 a abouti à la création d’un régime spécifique qui permet aux artistes de toucher entre 1 440 et 1 635 € par mois si certaines conditions sont remplies (attestation professionnelle et jours travaillés) — peu ou prou l’équivalent de notre statut d’intermittent du spectacle.
Cela dit, la multiplication des œuvres et des talents ne se traduit pas forcément par une plus grande capacité à en vivre. Dans le secteur musical, par exemple, de nombreux artistes voient leurs revenus stagner, même si leur travail est diffusé massivement en ligne. Les structures traditionnelles de rémunération — ventes physiques, concerts, droits d’auteur — se heurtent à une économie de streaming souvent décriée pour sa redistribution inégale aux créateurs voire qui rend la musique quasi gratuite.
Des systèmes de soutien comme ceux d’Irlande et de Belgique montrent donc qu’il est possible de créer un peu de stabilité financière dans la vie des artistes, ce qui est bon pour la création. Dans un pays comme la France, enclin à la dépense publique et précurseur en matière de politique culturelle, l’idée pourrait faire son chemin. Cela dit, dettes, déficit et instabilité politique rendent difficilement imaginable, la création d’un « smic artiste » dans un court terme.
La question « Faut-il payer les artistes pour les protéger ? » n’est donc pas une provocation mais une réflexion sur la place qu’on accorde, dans nos sociétés, à la création et aux artistes. Artisans d’une forme d’universalisme voire du bien commun, les artistes ne rêvent sûrement pas de devenir fonctionnaires de l’Etat. Mais pas davantage de vivre de leur passion, à coups de RSA et de salaires aléatoires !
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