5 ans après… et si les Daft Punk avaient continué

Publié : 13h01 par Christophe HUBERT

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Crédit : générée par IA

Edito : 5 ans après… et si les Daft Punk avaient continué

Il y a cinq ans, presque jour pour jour, le 22 février 2021, Daft Punk faisait ses adieux après 28 ans à définir les contours des musiques électroniques. Il n’y a qu’à voir les rumeurs régulières pour se rendre compte que beaucoup n’ont pas encore digéré la nouvelle ! Daft Punk n’est plus, donc Daft Punk est là, en permanence. Souvenir intense auquel on se refuse toujours à dire adieu, comme pour conjurer une malédiction.

Alors la question s’impose, cinq ans plus tard : et s’ils avaient continué ?

A l’heure où l’intelligence artificielle inonde les plateformes de streaming, faisant croire qu’un avenir sans artiste de chair et d’os est possible, comment se serait positionné le célèbre duo masqué ? Imaginons le scénario :

La rumeur : un signal pirate sur les réseaux

Un soir de février, un flux clandestin apparaît sur les réseaux. Pas d’annonce officielle. Pas de teaser sponsorisé. Juste une fréquence audio à l’ancienne, 909 Hz, pulsant comme un cœur mécanique.

Les forums s’enflamment. Faut dire que la fréquence laisse échapper, au milieu d’heures de grésillement, des nappes proches de « Random Access Memories ». On entend des voix étouffées, murmurées. Mille scénarios s’échafaudent sur les réseaux sociaux.

On dit qu’un nouvel album va sortir : HUMAN AFTER ALL 2.0.

Un disque pensé comme une réponse à l’ère des intelligences artificielles et génératives. Une œuvre-manifeste où les machines doutent et où les humains résistent, se réappropriant le champ des émotions.

Puis c’est la fuite un casting improbable :

  • The Weeknd pour une balade synthwave sur la solitude algorithmique.
  • Kendrick Lamar, débit mitraillette sur une production minimaliste dénonçant la marchandisation des consciences.
  • Dua Lipa, voix cristalline sur un hymne club à la désobéissance numérique et à la désintoxication face aux écrans.
  • Et, clin d’œil au passé, une apparition reconstituée de Giorgio Moroder, fusionnant archives et synthèse vocale, brouillant les frontières entre mémoire et simulation.

Chaque featuring est conçu non comme un argument marketing, mais comme une déclaration politique : reprendre le contrôle du son à l’ère de la copie infinie. Les Daft mènent la révolution !

Puis vient l’annonce officielle : un show unique, retransmis mondialement depuis une structure baptisée The Grid. Une pyramide inversée, suspendue au-dessus du public. Un show sans smartphones — brouillage total des signaux pour forcer l’instant présent. La setlist mélange les classiques — Around the World, One More Time, Get Lucky — à des morceaux inédits. À mi-parcours, les deux casques grésillent puis s’éteignent définitivement, révélant des visages numériques, comme si les robots laissaient apparaître leur humanité. 

Une dystopie inversée

Dans cette réalité alternative - à vous d'imaginer votre scénario - , le retour des Daft viendrait consacrer l’artiste dans son humanité, assumerait de mettre à distance les technologies, pour mieux s’en servir, au service de tous.

Si le duo avait continué, peut-être aurait-il échoué. Peut-être que le nouvel album aurait été descendu par des hordes agacées sur Reddit ou sur X, les shorts vidéos peut-être mal conçues pour Tiktok. Peut-être que dans ce monde à 1000 km/h, le duo n’aurait marqué l’actualité que 48h, avant que les algos ne poussent un autre contenu. On ne le saura jamais.

5 ans déjà, depuis la rupture des Daft Punk. Le meilleur move peut-être, dans un monde d’abondance, c’est de laisser un manque.

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