4 ans de guerre en Ukraine : le combat de la scène électro
Publié : 12h16 par Christophe HUBERT
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Gemini_Generated_Image_4ffgj4ffgj4ffgj41771931624525.png)
4 ans de guerre en Ukraine : le combat de la scène électro
Alors que l’Ukraine commémore les 4 ans de la guerre et de l’invasion russe, de nombreux reportages, documentaires, récits, décrivent les atrocités, les crimes de guerre et l’incroyable résilience du peuple ukrainien.
Une solidité, une solidarité qui s’expriment aussi dans la culture électro, même si la musique ou la fête peuvent sembler très éloigner des préoccupations de la population. Au-delà des lignes de front toutefois, dans les entrailles de Kyiv ou Lviv, les clubs, DJs, acteurs d’une scène autrefois bouillonnante, se sont organisés pour tenir le fil ténu de la vie, du rassemblement. L’urgence d’avoir des lieux d’évasion. Ce n’est pas de l’insouciance, c’est une forme de combat.
Les clubs ukrainiens : entre sanctuaires et centres de logistique
Depuis le début de la guerre, le paysage nocturne ukrainien a radicalement changé. Fini les soirées jusqu'à l'aube ; le couvre-feu (souvent fixé à minuit ou 23h) a forcé les clubs à se réinventer. Beaucoup ont simplement fermé, d'autres résistent :
- L'ère des "Daylight Raves" : Les clubs emblématiques comme le Closer ou le ∄ (Versus) organisent toujours des fêtes, moins nombreuses certes, mais plus intenses. On danse sous le soleil ou dans la pénombre des après-midis pour pouvoir rentrer chez soi avant que les sirènes ou les patrouilles ne ferment les rues.
- Des lieux transformés : Beaucoup de boîtes de nuit ont servi, durant les premiers mois, de centres logistiques. Le célèbre club K41 (Kyrylivska 41) à Kyiv a muté en une plateforme humanitaire géante, utilisant ses réseaux de distribution pour acheminer médicaments et équipements de protection.
- La fête comme levée de fonds : Aujourd'hui, entrer dans un club ukrainien, c'est souvent contribuer à l'effort de guerre. Les entrées sont fréquemment des "donations suggérées" pour des organisations comme Musicians Defend Ukraine.
Les visages de la résistance électronique
Si la scène locale est soudée, elle est portée par des figures de renommée internationale qui utilisent leur visibilité comme un haut-parleur pour la cause ukrainienne :
- Nastia (Anastasia Topolskaia) : Sans doute la DJ la plus célèbre du pays. Depuis l'exil ou lors de ses retours, elle multiplie les sets caritatifs (notamment pour son propre fonds de soutien) et dénonce l'agression russe sur toutes les scènes mondiales.
- Artbat : Ce duo de Kyiv remplit les plus grands festivals du monde. Leur titre "Atlas" est devenu un hymne de ralliement, et ils reversent une part importante de leurs cachets à l'aide humanitaire.
- Miss K8 : Reine de la scène Hardcore, elle incarne cette énergie brute et sans concession qui résonne particulièrement dans un pays sous tension.
- Daria Kolosova : Figure montante de la techno industrielle, elle collabore régulièrement avec le label Standard Deviation pour produire des compilations dont les bénéfices soutiennent les communautés LGBTQ+ et les artistes déplacés.
- Musicians Defend Ukraine : Une organisation caritative née de la scène locale pour fournir de l'équipement (médical, logistique) aux artistes partis au front.
Pourquoi danser quand tout brûle ?
Dans son documentaire "Kyiv est une fête", Max Laulom est parti capturer une réalité brutale : la fête n'est pas une fuite, c'est une thérapie de groupe. Dans un pays où chaque jour peut être le dernier, l'art devient un besoin physiologique.
Le réalisateur vient d’ailleurs de refaire le voyage pour Kiev afin de prendre des nouvelles des témoins de son premier reportage : fêtards, DJs, promoteurs et derrière tout cela, une jeunesse face à la guerre, sans avenir ou presque, qui tente de s’accrocher à ses rêves, à ses espoirs patriotiques.
Quatre ans après le début de l’invasion, l’Ukraine continue de compter ses morts, de panser ses plaies, de défendre son territoire. Mais dans les caves, sous les voûtes industrielles, une autre bataille se joue — plus discrète, plus fragile, mais tout aussi essentielle. Danser n’efface ni les bombes ni les sirènes. Mixer ne remplace ni les drones ni les convois humanitaires. Pourtant, chaque événement organisé malgré le couvre-feu, chaque compilation publiée pour lever des fonds, chaque son posé dans la pénombre est une affirmation de vie. Une manière de dire : nous sommes encore là.
À Kyiv, à Lviv, la nuit ne dure plus jusqu’à l’aube. Mais tant qu’il y aura des moments d'évasion, de réunions, il y aura une Ukraine debout.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/radiofg/images/logo_J1uBFLTl35.png)
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/visu_appli1733411693306.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Durand_Jones___the_Indications_am_Haldern_Pop_Festival_2019_01___Foto_Martin_Schumann1771932970696.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/alexwannmusic_1760548063_3744070982672824817_72877390691771933483825.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/davidguetta11771929097778.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/martingarrix11771929049822.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/taylorswiftopalite1771915715994.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Gemini_Generated_Image_3h0fem3h0fem3h0f1771865098503.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/clubs_21771858261687.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/ChatGPT_Image_23_f_vr__2026__13_33_031771849999306.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/ChatGPT_Image_23_f_vr__2026__12_49_281771847449353.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/UBL5BgYYYQ/image/Yann_Muller1771843161255.jpg)