1 bouton, 4 milliards de possibilités

Publié : 13h00 par Christophe HUBERT

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1 bouton, 4 milliards de possibilités

Il fallait bien que quelqu’un ose. Dans un monde de synthétiseurs bardés de potards, de menus labyrinthiques et de presets qui demandent un bac+6 en musicologie, voici qu’arrive RDN synth, un instrument accessible au plus grand nombre, assez simple d’utilisation, jusqu’à l’absurde : il a un seul bouton ! Le principe est aussi limpide, un clic, un son. Puis un autre. Et encore un autre. Sans retour en arrière, sans contrôle total, sans promesse de reproduire exactement ce qui vient de surgir. Une machine à accidents, en somme. Ce qui Brian Eno appelle les « happy accidents » !

Derrière cette drôle d’idée, on retrouve 2 cerveaux particulièrement bien inspirés. D’un côté, Cyma Forma, déjà responsables de la superbe machine ALT et connus pour leur goût des objets électroniques aussi élégants qu’expérimentaux. De l’autre, Bambounou, producteur et DJ parisien dont les idées semblent souvent naître à l’endroit exact où la logique s’arrête ! Le résultat de cette rencontre : RDN synth, un instrument qui ressemble moins à un outil de studio traditionnel qu’à une expérience philosophique miniature.

L’idée de départ a quelque chose de provocateur : et si l’on retirait au musicien une partie de son contrôle ? Et si, au lieu de peaufiner des heures durant la même nappe de synthé, on acceptait enfin qu’un peu de hasard puisse faire mieux que nous ? Bambounou imagine alors un synthétiseur qui générerait, à chaque pression, un son totalement imprévisible. Une sorte de machine à surprises, capable autant de produire une texture sublime qu’un chaos intégral. Exactement comme les musiques électroniques elles-mêmes, d’ailleurs.

Concrètement, chaque clic active simultanément quatre instruments digitaux, eux-mêmes construits à partir de huit types de synthèse différents. Le résultat : des milliards de combinaisons possibles, des textures étranges, des nappes accidentelles, des rythmiques mutants. Et pour le coup, il y a quelque chose d’assez réjouissant à voir un instrument contemporain revendiquer aussi franchement l’imprévu, alors que depuis des années, les logiciels musicaux promettent un contrôle absolu. Et puis à l’heure de l’IA voir apparaître un synthétiseur qui célèbre avant tout l’aléatoire, le doute et l’imperfection humaine a quelque chose de savoureux.

RDN synth est actuellement disponible en précommande chez Cyma Forma.



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