Trans Musicales : la blague qui ne devrait pas faire rire
Publié : 15 janvier 2026 à 13h51 par Edito : Christophe HUBERT
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Trans Musicales : la blague qui ne devrait pas faire rire
La récente tentative d’attaque politique contre le festival des Trans Musicales de Rennes illustre à quel point certains discours publics peuvent être détachés de toute réalité culturelle et artistique.
Cette semaine, le député du Rassemblement National Matthias Renault a déposé un amendement au projet de loi de finances visant à réduire les subventions du secteur associatif en prenant pour cible les Trans Musicales, qualifiées sans fondement de « festival de musique d’artistes transgenres ». Cette interprétation erronée repose simplement sur la lecture un peu trop premier degré, pour rester courtois, du nom du festival.
L’amendement a été rejeté et l’info, diffusée par le Canard Enchaîné a fait rire sur les réseaux sociaux ou sur X, chacun y allant de son jeu de mots, moquant l'élu et son erreur. Cela dit, on ne devrait pas rire autant. La politique prônée par cet élu, et supposément celle du RN qu’il représente à l’Assemblée, illustre un problème plus profond : la vulnérabilité de la culture face à des discours qui la réduisent à des symboles politiquement instrumentalisés. Le député parle d'activités "idéologiques", "militantes" pour dénoncer les Trans Musicales de Rennes. On réalise ?
Alors que la culture, la musique ne sont que des formes d’expressions humaines, de créativité et de diversité, il est inquiétant de voir des responsables politiques s'en prendre spécifiquement à un événement qui ne leur plairait pas. Aujourd’hui les Trans Musicales de Rennes, demain, quoi ? Un concert, un théâtre, un film ? Le même député RN prônait fin novembre la suppression du CNC (Centre national du cinéma) dénonçant l’argent gaspillé dans une "vaste entreprise de propagande" et des aides à la création allant à des films "gauchistes". L’an dernier, 37 films sélectionnés aux Césars avaient reçu une aide du CNC…
Les attaques contre la culture ne devraient pas nous faire rire, à moins d’accepter l’idée qu’on sanctionne un artiste - c'est le propos de ce député -, uniquement en raison de son identité de genre (ce qui est illégal, la transphobie est inscrite dans la loi !). Admettrait-on de sanctionner un artiste parce que publiquement gay ou non binaire ?
Les attaques contre la culture ne devraient pas nous faire rire, encore moins sur une scène électronique, que nous avons en partage et que nous aimons, et dont l’ADN a toujours été l’inclusivité et la lutte contre les discriminations.
S’en prendre à des artistes pour ce qu’ils sont, s’en prendre à des événements culturels pour ce qu’ils véhiculent comme valeurs, comme partis pris, c’est en réalité tout sauf marrant, même dans la France de 2026. Rire de l'erreur de ce député, c’est ne pas voir que l’objectif premier de l'amendement était de faire taire un festival, au seul motif qu’il aurait présenté des artistes transgenres. Pourquoi ? Qu'ont ces artistes qui poseraient problème ? Les chaînes d'informations vont-elles s'emparer de cette attaque à la culture et aux personnes trans, exiger du député, à son parti, qu'ils s'expliquent ? Poser la question est déjà y répondre. Peut-être parce que c'est pas marrant, en 2026, de résister, de bouger ses fesses pour informer.
La vigilance est d’autant plus cruciale à rappeler que dans plusieurs pays européens, des gouvernements qualifiés d’illibéraux multiplient les attaques contre la culture, en réduisant les financements publics, en marginalisant les associations culturelles ou en promouvant des visions partisanes de l’art. Pas dans une alternance de choix politique – tel camp subventionne telle chose - mais dans une mise à sac de ce qui ne plait pas au pouvoir en place. Ce qui se joue ici n’est pas un débat budgétaire : c’est la capacité de nos sociétés à préserver des espaces de liberté, d’expression. A préserver nos libertés à être ce que nous sommes, dans la diversité, dans notre humanité.
La culture ne peut pas, ne doit pas devenir un champ de bataille. Chacun sait qu'elle tombera.
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