La culture : essentielle mais de moins en moins pratiquée

Publié : 13h03 par Christophe HUBERT

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La culture : essentielle mais de moins en moins pratiquée

Les Français entretiennent aujourd’hui une relation pour le moins paradoxale avec la culture, c’est qui ressort d’un récent sondage Ifop pour Art Explora. D’un côté, 86% d’entre eux continuent de la considérer comme essentielle à leur qualité de vie. Elle arrive juste derrière les moments passés en famille ou entre amis parmi les éléments jugés indispensables à l’équilibre personnel. Elle est associée à des bénéfices forts : détente, enrichissement intellectuel, lien social et ancrage territorial.

De l’autre, les pratiques culturelles sont en recul. Ce phénomène ne s’explique pas uniquement par des freins classiques comme le coût ou l’accès géographique. L’étude met en évidence un facteur beaucoup plus inattendu : le manque d’envie. 20% des Français n’ont effectué aucune sortie culturelle en un an

Autrement dit, les Français ne désertent pas la culture parce qu’ils ne peuvent pas y accéder, mais parce qu’ils n’en ressentent pas suffisamment le désir au moment de passer à l’acte.

La fréquentation des musées/expositions est ainsi passée de 62% en 2017 à 43% en 2025, celle du cinéma de 77% à 57% sur la même période. La lecture recule aussi : 72% des Français ont lu au moins un livre, contre 85% auparavant.

Le principal obstacle reste le manque de disponibilité mentale. Les emplois du temps chargés, les contraintes familiales et professionnelles rendent difficile l’intégration d’activités culturelles, perçues comme longues et exigeantes. Les individus expriment aussi une difficulté à sortir de leurs routines : même lorsqu’une offre culturelle est proche, elle n’est pas spontanément envisagée.
La dimension sociale est centrale. Beaucoup de Français hésitent à pratiquer seuls, notamment pour des sorties comme le théâtre ou les concerts. L’absence de partenaires ou de recommandations freine fortement le passage à l’acte. Enfin, la culture a ses concurrents. Les contenus numériques, les séries ou encore les activités sportives offrent des alternatives plus accessibles, immédiates et moins engageantes.

Focus sur la musique et le spectacle vivant

Dans ce contexte général, la musique qui nous intéresse sur FG — et en particulier les concerts et festivals — occupe une place singulière. 23% des français sont allés en festival en 2025, 32% des français ont assisté à un concert... contre 40% en 2017, soit une baisse de 8 points.

L’étude souligne que l’expérience en live est perçue comme incomparable : elle transforme un contenu culturel en véritable moment vécu, avec une intensité émotionnelle renforcée par la présence du public. Les festivals, en particulier, bénéficient d’une image positive liée à leur dimension festive, estivale et conviviale.

Malgré cet attrait, plusieurs obstacles limitent la fréquentation. Là encore, l’organisation en amont et les contraintes de temps. Comme si nous en manquions en permanence alors que, jusqu’à preuve du contraire, nos journées continuent de faire 24h !

Vers une nouvelle manière de consommer la musique ?

L’étude de l’Ifop met en lumière un enjeu clé : réconcilier l’envie et le passage à l’acte.  Pour la musique et le spectacle vivant, plusieurs pistes émergent : favoriser des formats plus courts et flexibles, multiplier les événements de proximité, faciliter la réservation (billets échangeables, accès simplifié), encourager les expériences collectives accessibles (petites salles, événements locaux), etc…

En somme, la baisse des pratiques culturelles en France ne traduit pas un désintérêt profond, mais plutôt une difficulté à transformer une envie diffuse en engagement concret. Le défi pour les acteurs culturels est donc clair : rendre ces expériences plus simples, plus spontanées et plus accessibles, afin de reconnecter les Français avec une culture qu’ils n’ont jamais cessé de juger indispensable.

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