Iran : une jeunesse qui rêve de fêtes et de liberté
Publié : 13 janvier 2026 à 12h27 par Christophe HUBERT
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Iran : une jeunesse qui rêve de fêtes et de liberté
Alors que l’Iran est sous cloche, avec des moyens de communication coupés par les autorités depuis plusieurs jours, peu d’informations filtrent sur la persistance des mobilisations, des manifestations contre le régime des mollahs, ou sur la répression sanglante qui sévit avec, semble-t-il, férocité.
Une fois de plus, cependant, le peuple iranien se soulève contre ses dirigeants. Née d’une nouvelle crise économique, la révolte a rapidement mué en critiques du régime islamique, qui met à mal le développement du pays mais d'abord et avant tout, les libertés humaines les plus fondamentales.
C’est à coup de mobilisations répétées que le peuple — et notamment les femmes, via le mouvement Femmes, Vie, Liberté — montre sa soif de liberté. Et, une fois encore, même si les informations en provenance d’Iran sont difficiles à obtenir, on sait depuis des années que la jeunesse du pays, largement occidentalisée, clame son envie d’être libre, par la culture, le sport, la musique et la fête, défiant sans cesse les strictes lois sociales de la République islamique.
Là où l’État interdit la musique occidentale, la mixité, la danse publique et l’alcool, ces jeunes font de la fête un acte politique — une manière de vivre et de résister.
La fête comme réponse à l’interdit
Depuis la révolution de 1979, l’Iran a imposé une série de règles morales strictes, limitant sévèrement les expressions culturelles considérées comme « occidentales », dont la musique techno, la danse mixte et les rassemblements festifs ouverts. L’écoute ou l’organisation d’événements non autorisés constitue un délit pouvant entraîner des arrestations, des amendes, voire des peines de prison.
Pour contourner ces interdits, des jeunes organisent des événements loin des regards : dans des maisons privées, dans les déserts iraniens à la nuit tombée ou dans des lieux dissimulés, éloignés des centres urbains. Dans ces contextes, la musique techno, les DJs et les fêtes raves deviennent une forme de rébellion, non seulement contre le manque de loisirs, mais surtout contre un système qui contrôle la vie quotidienne.
Le documentaire Raving Iran (Rave Iran), réalisé par Susanne Regina Meures, montrait déjà cette réalité il y a dix ans, en suivant le parcours de deux DJs iraniens, Anoosh Rakizade et Arash Shadram, qui tentaient d’organiser des raves malgré la répression. Faute de lieux officiels et d’autorisations, ils se résignaient à monter des soirées illégales dans des zones désertiques ou chez des amis, mettant en lumière la peur constante d’être arrêtés, mais aussi l’énergie et la créativité de cette scène underground.
Au-delà de la techno clandestine, d’autres manifestations de cette soif de liberté se multiplient : DJ sets dans des cafés ou des centres commerciaux, soirées inspirées de festivals internationaux, et même la célébration de fêtes « interdites » comme Halloween, qui continuent d’être observées en privé malgré les interdictions officielles. Le Financial Times (en anglais) rapporte ainsi qu’Halloween 2025 était devenue une posture anti-mollahs, citant le cas d’une adolescente souhaitant se rendre à une fête à Kordan, à 50 km de Téhéran, une zone connue pour ses villas de location où s’organisent teufs et DJ sets. Dans la ville d’Ispahan également, certains raves ressemblent à des versions alternatives de festivals mondiaux, avec feux, musique électronique et rassemblements parfois qualifiés de « massifs ».
Les forces de sécurité iraniennes n’hésitent cependant pas à intervenir lors de fêtes jugées « déviantes », entraînant des arrestations en grand nombre de jeunes participant à des soirées mixtes ou dansantes. Plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont servi de prétexte à des opérations policières. Ces interventions rappellent que, pour beaucoup de jeunes Iraniens, la fête est un risque calculé : un espace où l’euphorie et la solidarité côtoient la peur des représailles — mais aussi une victoire symbolique contre un régime corrompu et sanguinaire, qui étouffe les aspirations individuelles. Le reportage de l’émission Tracks sur Arte décrit cette ébullition culturelle, intimement liée à la quête d’un Iran libre, notamment via le témoignage de Nesa Azadikhah, DJ/productrice, créatrice du collectif Deephouse Teheran.
La culture clandestine de la fête en Iran trouve ainsi sa place dans un mouvement plus large de révolte, voire de révolution, dirigé contre les mollahs et le régime islamique. Comme ce fut le cas en Allemagne, au Liban ou en Ukraine en proie aux guerres, la techno accompagne la capacité de résilience des peuples. Depuis les manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini en 2022 et le slogan désormais emblématique Femme, Vie, Liberté, les jeunes iraniens, iraniennes continuent de contester l’ordre établi par des formes d’expression multiples : de la musique rap aux raves, de la culture sportive au street art qui envahit les rues, des DJ sets à la danse. Pour se réapproprier leurs rêves, leurs corps, leurs espoirs. Jusqu’au jour de la libération.
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