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Yuksek, de son vrai nom Pierre-Alexandre Busson, est un producteur de musique électronique né en 1977 et originaire de Reims. Son premier album (Away From The Sea) est sorti le 2 février 2009.
D’abord abrité par le label de Birdy Nam Nam et plébiscité par les blogs, Yuksek est l’auteur de remix abrasifs et brillants des tubes de Mika, Kaiser Chiefs, Ghosface Killah (du Wu Tang Clan), Booba ou White Lies. C’est enfin un musicien stylé qui s’apprête à lâcher un premier album serti de futurs hymnes dansants intitulés « Tonight », « Extraball » ou « I Like To Play ». C’est l’un des piliers de la scène pop rémoise qui, de The Bewitched Hands à Alb en passant par Brodinski & The Shoes, éclot ces jours-ci.

Yuksek joue de la basse et compose au sein du combo electrorock Klanguage. Se passionne très vite pour l’art de fabriquer le son — qu’il s’agisse des arrangements des Beach Boys, du jeu de clavier de Ray Manzarek ou des productions de David Bowie —, ce qui le mène aujourd’hui à produire les prochains albums de Birdy Nam Nam ou des Bewitched. Et puisque l’aventure commence à la fin du siècle dernier, Yuksek fini tout naturellement par se brancher sur l’électro.
Dispersé Yuksek ? Au contraire. Ce qui frappe à l’écoute d’ « Away from the sea », c’est justement la belle cohérence qu’il a su imprimer à son parcours. Avec un naturel déconcertant, il s’entend à marier le hook pop et l’efficacité dansante, riffs postpunk et ondes acides, un groove disco et des arabesques expérimentales, beats house et envolée mélodique catchy. Dans un même élan, il évoque aussi bien les Pixies que Scissor Sisters, Squarepusher ou Giorgio Moroder, Mirwaïs ou les Daft Punk. Invite au micro pour son album la rapeuse Amanda Blank (des Spank Rock), le duo electrofunk Chromeo, les psychéfolk The Bewitched Hands ou les dancerocker de Shit disco.
Et nous offre ainsi un album certes électronique dans la forme mais qui, dans le fond, à les allures d’un véritable manifeste pop — cf l’impeccable sens du songwriting dévoilé par « So far away from the Sea », « Freak’o’Rocker » ou « A Certain life ».

C’est ainsi que Yuksek se retrouve en héraut d’une culture club discorock post Soulwax / Justice : cultivée et astucieuse, mariant puissance sonique et sensibilité, images sexy et impromptus bruitistes. Ou pour le dire autrement : brouillant la frontière entre hyper et surréalisme — à l’image des romans de Kafka, des films de Lynch ou des photographies de Gregory Crewdson qu’il aime et qui disent toujours autre chose que ce qu’ils semblent nous raconter de prime abord.
Où l’on comprend que « Tonight » se joue des clichés de la nuit plus qu’il n’en joue.
Signé en France par Sound of Barclay, c’est d’ailleurs un label plutôt pop (le label historique Fiction des Cure où se côtoient Whites Lies, Snow Patrol, Yeah Yeah Yeahs et Kate Nash) qui en Angleterre publiera l’album. Aux États-Unis, l’album sortira sur le label d’Interscope Cherrytree.
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